Quand le cinéma vint au Mât Pilote: “Le Bois des Amants” (1960)

Au début de 1960, le Mât Pilote devint un plateau de tournage. Le réalisateur Claude Autant-Lara en fit l’un des lieux principaux pour Le Bois des Amants (Lovers’ Wood, également distribué sous le titre Between Love and Duty), y tournant du 22 janvier au 18 mars.
Le film raconte une histoire de guerre à la fois tragique et tendre : la veille de Noël 1943. Herta von Stauffen, une militaire allemande, arrive en Bretagne occupée dans l’espoir de passer les fêtes avec son mari, un officier de la Wehrmacht. Lorsque celui-ci ne peut quitter son poste, elle est logée dans la maison isolée d’une veuve française dont le fils est un résistant, fraîchement parachuté de Londres pour guider un raid de bombardement de la RAF.
Ce qui se déroule alors est un amour impossible entre ennemis, sur ce même paysage que notre grand-père Kikli connut pendant la Résistance. La côte bretonne, les maisons isolées, la tension entre occupant et occupé—tout fut filmé ici au Pouldu, Quimperlé y au Mât Pilote lui-même.
Le film mettait en vedette Laurent Terzieff dans le rôle du résistant et Erika Remberg dans celui de l’épouse allemande, avec la formidable Françoise Rosay en mère bretonne intransigeante. Le film captura quelque chose d’essentiel sur la Bretagne en temps de guerre : la complexité morale, l’isolement, les choix impossibles.
Soixante-cinq ans plus tard, le Mât-Pilote se dresse toujours là où les caméras d’Autant-Lara l’ont filmé. Le même promontoire, les mêmes murs de granit, la même convergence de côte et d’histoire. Le cinéma reconnut ce que les artistes ont toujours su : ce lieu recèle des histoires qui méritent d’être racontées.


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